ENRIQUE VILA-MATAS LA VIDA DE LOS OTROS 
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Prix Jean Carrière




Allocution de Serge Velay, président des Amis de Jean Carrière, à l’occasion de la réception à Nîmes d’Enrique Vila-Matas, lauréat du Prix Jean-Carrière 2010, le lundi 7 février 2011.


PALABRAS EN NÎMES PARA VILA-MATAS

SERGE VELAY

Mesdames, Messieurs, Cher amis,

Romancier et essayiste, prix Goncourt 1972 pour L’Epervier de Maheux, Jean Carrière était né à Nîmes en 1928, de parents musiciens. Au lendemain de sa disparition en 2005, Julien Gracq a écrit : « La vraie littérature ne trouve plus guère de combattant aussi fougueux et aussi complètement engagé en elle. »

Créé à l’initiative de l’association qui réunit sa famille et ses amis, et du Conseil général du Gard, ce prix est destiné à honorer sa mémoire. Il récompense une œuvre de fiction, roman ou récit, en langue française ou traduite, qui témoigne, par les qualités de style et par l’universalité du propos, de « la diversité culturelle et des valeurs héritées de la civilisation méditerranéenne ». L’année dernière, notre prix est allé à Alain Montcouquiol pour Le Sens de la marche publié aux éditions Verdier.

A la différence de ces curieuses manifestations où des serviteurs dévoués de la littérature jouent les utilités pour la glorification de folliculaires grandis sur les planches ou jaillis des écrans-télé, le prix Jean-Carrière a vocation à distinguer des œuvres exigeantes et novatrices, représentatives de « la littérature de création ». Au surplus, le Gard compte un nombre significatif d’écrivains dont la notoriété et l’influence ont largement dépassé nos frontières. Par la qualité des œuvres distinguées et des auteurs couronnés, notre prix devrait contribuer à remettre en lumière ces figures du paysage littéraire régional, aujourd’hui négligées ou oubliées.

***

Cet après-midi, tandis que je descendais l’avenue Feuchères en compagnie d’Alain Montcouquiol, je me disais avec une pointe d’inquiétude : nous allons attendre Enrique Vila-Matas à la gare, mais qui va descendre du train ? Un homme de chair et de sang ? Ou bien un fantôme d’encre et de papier ?

Et ceci encore : comment distinguer notre hôte dans la foule anonyme des voyageurs ? Tu as bien vu des photos de lui, me disais-je, des photos de lui de face, de profil et même de dos, mais les images sont trompeuses ; elles sont d’ailleurs si trompeuses que Vila-Matas confesse ne pas s’être reconnu, ne pas se reconnaître dans certains des portraits qu’on a faits de lui.

Je me remémorais le motif de sa surprise, de son désappointement : s’il ne s’était pas reconnu sur ces images, c’était moins en raison des traces laissées sur son visage par le temps ou par la maladie qu’à cause de la littérature, de l’écriture vécue comme un lent et hasardeux processus de métamorphose. Vila-Matas ! Ce nom cognait dans ma tête et plus je me le répétais, plus la réalité que ce nom était censé recouvrir devenait improbable.

J’ai alors songé à Jean Carrière et aux deux questions redoutables qui le tourmentaient : « Qui suis-je ? », « Où est ma place ? » Et j’ai pensé aussi à ses vingt livres publiés dans lesquels, en courant après des chimères, il avait cherché à faire un sort à ses obsessions. Car il faut prendre à la lettre ce qu’écrivent les écrivains, les écrivains en quête d’une ligne de fuite et qui ne demandent rien que l’impossible ; il faut prendre à lettre ce qu’écrivent ces réalistes aventureux, surtout lorsqu’ils soutiennent dans la même phrase, avec la même innocence et le même aplomb, une chose et son contraire, pour hisser leur propos jusqu’à « une variété supérieure de mensonge ».

Cette formule de Julien Gracq, j’ai trouvé qu’elle allait comme un gant à Jean Carrière, à Jean Giono qui avait été son maître ès-sornettes, et à Enrique Vila-Matas aussi qui, après avoir débuté dans les lettres en faisant paraître, à l’insu de sa directrice, des entretiens imaginaires avec des stars dans le magazine Fotogramas, éclaire aujourd’hui la Grande Bibliothèque avec la lanterne magique de ses fables, pour le plus grand plaisir de ses aficionados. Je suppose que cette triplette d’affabulateurs et d’embrouilleurs retors n’auraient pas hésité un instant à changer de recette, s’ils n’avaient pas trouvé dans la « variété supérieure de mensonge » dont Gracq louait les vertus, le moyen suprême de subjuguer le lecteur.    

Comme l’heure avançait et que mon inquiétude allait croissant, j’improvisai un plan : puisque les ans et ses livres modifiaient les traits de notre hôte, il m’apparut que, plutôt que de dévisager les voyageurs comme on le fait en pareils lieux et en pareilles circonstances, le moment venu, le mieux serait de jeter mon dévolu sur une silhouette, en ne me confiant qu’à ma seule intuition ; puis de l’aborder franchement en lui lançant un sonore :  « Bienvenue à Nîmes ! », plutôt que : « Êtes-vous Enrique Vila-Matas ? »

On souhaiterait donc la bienvenue à une ombre, sans s’être assuré que l’élu soit bien le voyageur attendu ; en sorte que le risque n’était pas mince d’un quiproquo, sinon d’un grave malentendu. Mais la lecture des entretiens d’Enrique Vila-Matas avec André Gabastou, son traducteur et ami français, m’avait au moins convaincu d’une chose : à force de s’abîmer dans les livres des autres pour composer les siens, Vila-Matas était devenu le patronyme de plus d’une personne. De quoi j’ai déduit que, fût-ce sur le ton de la plus extrême courtoisie, presser notre hôte de justifier de son identité l’obligerait, pour le coup, à recourir à une variété très inférieure de mensonge.                     

Comme on voit, mon goût immodéré pour la littérature réflexive m’avait plongé dans des abîmes d’anxiété. Pour être tout à fait complet, il me faut dire encore une autre raison que j’avais de m’alarmer.

Mercredi soir dernier, Enrique Vila-Matas m’avait adressé un message électronique. Bref mais chaleureux, il disait à peu près : « J’ai mes billets. J’arriverai à Nîmes lundi au train de 13h 45. Heureux de venir recevoir le prix et de rencontrer les amis de Carrière. » Réponse faite, j’aurais dû dormir sur mes deux oreilles ; il n’en a rien été. Parce qu’en feuilletant distraitement le journal de Kafka, je suis tombé sur cette phrase qui m’a glacé les sangs : « L’écrivain ne s’éloigne jamais de sa table de travail. » J’ai aussitôt pensé à Jean, le champion de la colique diplomatique et du faux bond, à son bureau aux volets clos, à sa cellule enfumée, à son terrier. Ensuite, tout le temps qu’a duré mon insomnie, je me suis figuré mon correspondant tantôt enchaîné à son pupitre, tantôt rivé à son écran, tel un hikikomori. Il est clair, me disais-je, que notre lauréat est animé des meilleures intentions mais au dernier moment, soit pour ne pas insulter la mémoire de Kafka, soit pour rendre un hommage sincère à Carrière en s’inspirant d’un de ses pires travers, et peut-être même pour ces deux raisons à la fois, il ne sortira pas de sa chambre et, avachi dans son fauteuil, il regardera mélancoliquement tomber la pluie sur Barcelone.

Aujourd’hui donc, à 13 h. 45 pétantes, le train en provenance de Figueras à déversé ses passagers. D’un coup d’œil d’un seul, j’ai trié parmi les silhouettes et j’ai crié à Alain : « C’est lui ! » Je me suis avancé à grands pas vers le porteur d’une valise d’un format susceptible de contenir les œuvres compressées de Melville, Cervantès, Larbaud, Flaubert, Tabucchi, Bove, Musil, Perec, Gracq, Lowry, Breton, Joyce, Hemingway, Savinio, Emerson, Benjamin, Faulkner, Kafka, Michon, Auster, Rimbaud, Bolaño, Pessoa, Sebald, Walser et de quelques autres encore, et, arrivé à sa hauteur, je lui ai tendu une main tremblante et moite en déclarant sur un ton faussement assuré : « Bienvenue à Nîmes ! »

Parce que j’étais aussi ému que si je venais de donner l’accolade à Thomas Mann ou à Maurice Blanchot, les propos qu’Alain et l’homme à la valise ont aussitôt échangés en espagnol m’ont totalement échappé. En vérité, j’avais la tête ailleurs ; j’avais la tête ailleurs comme un lecteur qui s’abîme en lecture. Je me disais : les choses se déroulent exactement comme tu les as imaginées, elles se déroulent exactement comme tu as prévu de les relater ce soir dans le petit discours que tu as préparé.

Profitant d’un moment d’inattention du colporteur, j’ai dit à Alain : « Rends-toi compte ! Je suis en train de réussir, là où Vila-Matas lui-même a échoué ! Son amie Sophie Calle n’est jamais partie sur les traces de Rita Malú, elle n’a jamais fait le voyage programmé à son intention par Vila-Matas, dans la nouvelle intitulée Parce qu’elle ne l’a pas demandé. Tu es le témoin de mon triomphe ! Mon scénario est en train de se réaliser : Vila-Matas fait ce que j’ai prescrit ! »

- « Estás loco ! », m’a lancé Alain en espagnol.
- « Sûrement, lui ai-je rétorqué, mais que tu le déplores dans sa langue, n’est-ce pas la preuve que Vila-Matas c’est moi ? » J’allais ajouter qu’en écrivant Dublinesca, Vila-Matas s’était certainement pris plus d’une fois pour Joyce et pour Beckett et qu’à ma connaissance personne ne lui en avait fait le reproche, mais l’homme à la valise était sorti de sa rêverie et il nous avait rejoints. En quelques minutes à peine, j’étais devenu l’ombre d’une ombre, l’écho d’un écho. Je n’en étais pas peu fier.

Arrivés à l’hôtel, le colporteur est monté dans sa chambre. C’est alors que je fus saisi d’un terrible doute : « Et si ce n’était pas lui ? » Comme je ne voulais surtout pas m’entendre répondre que désormais Vila-Matas c’était moi et que les preuves de ma métamorphose étaient sûrement établies, j’étais bien forcé de garder pour moi ma grosse boule d’angoisse.

Maintenant, je voyais mes certitudes sombrer sous un orage d’hypothèses. Je passais par des hauts. Je passais par des bas. Dans un timide sursaut de confiance, tout bien considéré il est possible, pensais-je, que l’ambulant coopté soit la bonne personne ; et si tel est le cas, il être peut-être assis à sa table, en train d’ajouter un codicille à sa lecture du Rivage des Syrtes ou un sixième article à sa théorie du roman. Mais le culot m’a manqué pour regarder par le trou de la serrure.

Nous sommes descendus prendre un café au bar. Alain ne pipait mot. Dans le miroir, le type blanc comme un linge, c’était moi. A ce moment-là, il ne nous restait plus qu’un espoir, rien qu’une solution : attendre le train de 16 h 18 et l’arrivée de nos hôtes parisiens, Dominique Bourgois et André Gabastou. Ou bien ces deux personnes qualifiées mettraient un terme à notre supplice. Ou bien, découvrant notre méprise, elles nous précipiteraient dans la honte et la confusion.

Il n’empêche qu’en entrant dans cette salle, je me suis dit que tout ça commençait à bien faire ! Jean Carrière, ses amis et le prix dédié à sa mémoire ! Damien Alary, le Conseil général du Gard et la politique du livre et de la lecture publique ! Enrique Vila-Matas, sa bibliothèque portative et son armada de cinglés et d’écrivains réflexifs ! Et au moment même où je vous parle, je suis convaincu que je serais beaucoup mieux ailleurs, à Paris, à Lisbonne, à Dublin, ou même à Barcelone, à regarder tranquillement tomber la pluie, avachi dans un fauteuil.

Voilà comment, en ce 7 février 2011, à l’instar des premiers spectateurs des frères Lumière face aux images saisissantes de l’entrée d’un train en gare de La Ciotat, pleins de crainte et d’effroi, Alain et moi avons été les témoins de l’arrivée de La Littérature en gare de Nîmes.

***

Cher Enrique, cher libraire ambulant, cher malade de la littérature, cher Shandy catalan, le 7 décembre dernier notre jury vous a donc décerné le Prix Jean-Carrière 2010 pour Dublinesca, publié aux éditions Christian Bourgois.

Votre roman, nous l’avons lu comme une parodie de la littérature apocalyptique, au moment où l’ère Gutenberg est moribonde, et la littérature aussi, et il nous a conquis par le nihilisme joyeux qui l’inspire. (Par parenthèse, Jean Carrière soutenait que la littérature est une chose trop grave pour la laisser aux mains des bonnets-de-nuit.)

Mais aussi par la relation de l’équipée irlandaise faussement héroïque et franchement désenchantée de l’éditeur Samuel Riba, en route avec ses amis sur les traces de Joyce pour fêter Bloomsday et l’enterrement symbolique de la littérature, qui se double d’une méditation sur l’échec, le chagrin et la tentation de l’ailleurs. (Jean Carrière aurait dit « la tentation de New York ».)

Mais encore, parce qu’à défaut de pouvoir recouvrer l’enthousiasme originel (Carrière aurait évoqué « le Royaume perdu de l’enfance »), vous réussissez la gageure de faire jaillir le merveilleux de l’ordinaire et de la monotonie des jours.

Parce qu’enfin, après avoir traité des lecteurs, des écrivains qui n’écrivent pas ou plus, et des écrivains qui ne peuvent cesser d’écrire, vous abordez dans ce livre la figure de l’éditeur, pour rendre hommage à Georges Herralde, votre éditeur espagnol, et honorer la mémoire de Christian Bourgois, votre éditeur français, disparu en 2007.

C’est peu de dire que nous avons été conquis par la hardiesse de votre projet et par l’époustouflante intelligence de construction de votre ouvrage ; mais encore par l’ambition et la complexité de votre propos, dont le rendu brille par la fluidité, la précision et la délicatesse de style et par votre art consommé de la nuance. C’est pourquoi nous sommes heureux d’associer à l’hommage qui vous est rendu votre traducteur André Gabastou, dont le travail, tout en finesse et subtilité, n’est certainement pas pour rien dans l’adhésion enthousiaste que suscite votre œuvre chez les lecteurs français.

Permettez-moi enfin d’ajouter que derrière le personnage de Samuel Riba, nous avons aperçu l’ombre de Jean Carrière qui portait, lui aussi, le deuil de la littérature, le deuil de « la vraie littérature » pour reprendre l’expression de Julien Gracq, dès lors qu’elle est passée de l’épiphanie à l’apocalypse.

***

Cher Enrique, je voudrais pour conclure mon propos, vous faire les honneurs de notre département où vous venez, je crois, pour la deuxième fois ; et vous montrer, en fouillant dans ma mallette, que vous n’êtes pas en pays étranger mais dans un des petits cantons de la littérature universelle.

Nîmes est la ville natale de Jean Paulhan qui ne fut pas seulement l’éminence grise des lettres françaises durant un demi-siècle et le grand épistolier que l’on sait. On doit à l’auteur des Fleurs de Tarbes et du Guerrier appliqué, un essai aussi bref que lumineux sur Rimbaud, le poète pour lequel vous partagez avec Carrière la même dilection. Paulhan déclarait dans ses entretiens avec Robert Mallet : « Je manque, j’ai toujours manqué d’imagination. Au lycée de Nîmes, je faisais équipe avec mon ami Dubled. Il n’était pas très bon en français mais il avait l’imagination fertile. C’était un type épatant. Chaque matin il m’apportait un nouveau sujet et moi, je n’avais plus qu’à rédiger. Je crois que je n’ai jamais su vraiment sur quels sujets je devais écrire. » Disciple de l’anarchiste Félix Fénéon, le jeune Paulhan avait débuté comme rédacteur unique d’un mensuel qui portait un fort joli nom : Le Spectateur.

Le nîmois Alphonse Daudet n’est pas que l’auteur de Tartarin de Tarascon. Le Petit Chose, une œuvre autobiographique, résonne parfois des mêmes harmoniques que les romans de votre cher Emmanuel Bove.

Nîmes est aussi la ville natale du romancier Marc Bernard, lauréat comme Jean Carrière du prix Goncourt. Une génération les sépare. Et si L’épervier de Maheux, paru en 1972, s’estvendu à près de deux millions d’exemplaires, en revanche, Pareils à des enfants, le roman autobiographique de Bernard couronné en 1942, ne fut imprimé qu’à quelques centaines d’exemplaires en raison de la pénurie de papier durant la période d’Occupation.

Nîmes est encore la ville d’enfance de Francis Ponge, l’auteur du Parti pris des choses, un écrivain français majeur à propos duquel on dispute toujours sur la question de savoirsi l’on doit le considérer comme un poète ou un anti poète. Il a écrit : « Les images s’annulent dans la lumière. » Et : « Le poète est en quête du lieu de sa mort ». L’auteur de la Fabrique du pré repose au cimetière protestant de Nîmes.

La maison d’été de votre amie Sophie Calle n’est qu’à quelques encablures d’ici, au Cailar en Camargue gardoise, de même la maison familiale d’André Gide, à Uzès.     

Des passants, des écrivains considérables ont séjourné dans le Gard, parmi lesquels Maurice Barrès, Lawrence Durrell, Robert-Louis Stevenson, Guillaume Apollinaire, René Char et tant d’autres. Il en est un qui revêt à vos yeux une importance toute particulière. A l’occasion de son deuxième voyage en Europe en 1923, Jorge Luis Borges a visité notre ville où il a composé un beau poème de circonstance intitulé « Sur les allées de Nîmes ». Quelques hardis lettrés soutiennent la thèse selon laquelle Pierre Ménard, la figure imaginée par Borges dans Fictions, s’inspire du Ménard, auteur de l’Histoire des antiquités de la ville de Nîmes parue en 1835 ; et d’autres, du Ménard, auteur de La page d’écriture, méthode de psychothérapie graphique et graphologique publiée à Nîmes dans les années 30. Qu’on se perde en conjecture au sujet de Borges, c’est bien sûr dans l’ordre des choses. 

A l’article Pierre Ménard du Petit dictionnaire des écrivains du Gard paru en 2009, figurent ces deux citations de Borges : « J’ai oublié mon nom. Je ne suis pas Borgès. Je suis celui qui sait qu’il n’est rien d’autre qu’un écho. » Et : « Toute littérature est, en fin de compte, autobiographique. Tout ce qui déclare un destin et nous en donne un éclairage est poésie. » Après quoi votre nom apparaît dans une note à propos du livre de Jean-Yves Jouannais, Artistes sans œuvres, que vous avez préfacé.

Comme vous, je ne crois pas dans les pouvoirs prémonitoires des livres ni des écrivains. En revanche, je suis persuadé que la littérature a une vertu bien plus considérable puisqu’elle nous permet, en lisant en écrivant, de passer comme par enchantement des livres dans la vie, et réciproquement.

S.V.
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